Les aïeux nous disaient d'être sage. Sage...
Mon ombre s'envole vers d'autres espaces, d'un coup de brique dans le crâne. D'où viennent-elles, ces pulsions ? Seigneur, Toi qui n'es pas, comment peut-on en sortir ?
"Libère toi de tes chaînes mentales..." Et ma langue déliée ne fait que remuer des jérémiades sans consistances.
Accorde toi le bien. Accorde toi le tout.
Face au ciel azuré, face au Nous.
Proche d'une vie éternelle, tu souhaites marquer les âges en inscrivant sur le mur des prophètes les écritures d'un sage saoul et lubrique. Ce n'est plus du sang, c'est une haine liquide qui parcourt ces veines bleues.
Dans le Pandémonium s'agite les étoiles, le Phantom Land n'est plus qu'une simple illusion, un marécage creusé dans le néant. Une boue moite s'emboite sur cette moue qui boite. Tu n'as plus de visage, tu n'es plus.
Toi, moi, eux, ceux, ci, non, leurs paroles ne sont que l'air projeté par des poumons qui n'ont plus rien à donner.
Crois-tu en ce genre de choses ? Des sentiments inconsistants, des pensées mièvres, un corps sans expression, un talent libidineux que tu souhaites partager.
Les oreilles sifflent, les bouches hurlent, les doigts se craquèlent, l'odeur est forte et les images ne me montrent aucune envie de ce monde sans avenir. L'avenir...
Invention des hommes pour recréer l'espoir dans le monde. Crise absente arabe. L'égyptienne sur son train qui chante l'espoir d'une vue invisible à son fils. Egyptienne, nullement. Mais elle hurle de malheur. Le malheur de n'avoir aucune vie plus loin. Son seul désir: faire vivre les autres.
Un monde enchanté s'ouvre à nous. Chacun son domaine, chacun sa voix et sa croix.
Les plantes n'existent pas, l'oxygène et l'eau ne sont plus vitales, seulement là pour nous faire du bien. Inhale alors le parfum, jouis d'un monde qui n'est pas le tien, ni même le mien. Tout est blanc, et noir. Tout est ombre, et lumière. Tout n'est que forme et silhouette. Tu ne me reconnais pas ? Moi ? L'être pendu à son ombre ?