Pour Joe

V'là plus de 1000 ans que les guerres se sont écoulées
Que nos vies ne sont plus que des soupirs
La rage, au loin s'est catapultée
Pour le meilleur car il n'y a de pire

Au fin fond de la terre-océan
Là où les sépultures demeurent
Résident les auto-destructeurs
Souriant tels des enfants

La vie s'est barrée, beau malandrin
A la recherche d'une nouvelle lueur
Ca m'rappelle quand on prenait l'train
Quand ma vie a tes côtés avait une saveur

J'me souviens, les rictus de plaisir
La chaleur de notre désir
Tel un soleil fait de plomb
L'ataraxie était notre don

Tu pouvais m'appeller Barrow
J't'aurai appelée Parker
T'aurais pu m'faire tomber de haut
J'me serais redressé, meilleur

Histoire de voir sur ton doux visage
Les larmes d'un espoir tragique
Où l'on verrait avec l'âge
De ce monde tomber les briques

Seuls enlacés sans chaines
Contre les vents de paroles insipides
Plongé dans tes yeux d'ébène
Nos bouches échangeaient notre fluide

On était les déchets de cette humanité
Rejetant les règles, voulant l'intempérance
Crachant aux visages de ceux qui nous avaient reniés
Souriant lors de notre déchéance

Mais cette histoire est loin de nous maintenant
Et avec toi, je ne regrette rien
Je me crois toujours gravé contre ton sein
Mon âme sommeille désormais calmement

On était pas célèbres, ni cambrioleurs
On était un peu d'tout dans le fond
Pour nous rien n'avait de réelle valeur
Car on était les enfants de l'auto-destruction

# Posté le mardi 30 juin 2009 12:17

Cadavre numérique

Trouble.
"J'ai le coeur entre les dents, stressant de risquer à chaque instant de boire son sang. Un jeu succulent. J'connais la morale, c'est intéressant de vérifier que bien faire le bien, c'est mal faire le mal. Souvent, j'ai les poches pleines d'espoir et de joie. J'n'ai déjà quasiment plus le choix. Je suis un boomerang, qui s'élance fort et loin. Tournant sur lui-même et qui revient. Aussi loin lancé quelque part puis revient au même point de départ. J'suis devenu philosophe, c'est marrant. Ce sont toujours les mêmes questions qui reviennent sur la table."
Le bon vieux Programme.
Qui m'empêche de dire à tout le monde d'aller se faire voir.

# Posté le mardi 23 juin 2009 13:33

La salle de jeux et la peur- Programme

Chez moi vous ne connaissez pas.
Vous en avez entendu parler.
Aux infos, dans les journaux. Peut-être chez des amis.
Il y avait une réponse à donner sur un carton de Trivial Pursuit.
Mais dans le fond vous ne connaissez pas.
Ca n´est pas juste une question de paysage.
Ici je ne suis pas chez moi.
Mon frère y est enterré mais ça n´est pas chez moi.
D´ailleurs je n´ai pas de "chez moi", j´en sais rien.
Peut-être la salle de jeux c´est chez moi.
J´y passe la plupart de mes journées. A traîner, à observer.
Quand je rentre là-bas, personne ne me regarde.
Tout le monde est concentré pour battre des scores sur des machines.
Patron, ouvrier, VRP, fils-à-papa, racaille,
s´y croisent tous les jours sans jamais s´adresser la parole.
De toute façon ils ont rien à se dire.
Ils s´affrontent juste à travers des chiffres sur des tableaux de scores.
Le peu de fric que je gagne, je le dépense là.
Même quand j´en ai plus j´y vais.
Malgré tout le bruit qui va avec.
Et les morceaux pourris à la radio.
Je préfère être là que devant la télé.
Ou dans un bar à discuter avec des cons de leurs projets.
Et de je ne sais quoi d´autre.
Qui ferait d´eux des gens heureux, responsables.
Et après tout c´est peut-être eux qui ont raison; j´ai pas envie de me le dire.
Ni de me rassurer.
De les voir indifférents face à la peur qui gagne y´aurait de quoi vouloir être rassuré.

Moi aussi j´ai peur. C´est la seule chose qui nous rapproche.
La peur nous rapproche.
Je l´ai lu dans des yeux à l´hopital.
C´est pas le temps qui fait vieillir.
C´est la peur qui rabat le caquet de tout le monde.
Croyez-moi, y´a toujours de bonnes raisons d´avoir peur.
................
Guerre dans l´espace. Guerre sur la terre. Nouveau monstres de la vitesse.
Combat de rues, championnats. Matches au sommet avec des idoles. Massacre au flingue dans des blockhaus.
Les machines pissent le sang.
Les machines sont des poubelles.
C´est pas un reproche.
Grâce à elles, j´ai peur sans que ça nous rapproche.
Et du coup j´ai l´impression de passer à côté vous comprenez ?
Vous avez de la chance si vous comprenez.
Que la peur de vivre l´emporte je suis pas sûr que vous compreniez.
..................
Demain à la même heure je serai là.
Avant j´aurai fait deux ou trois fois le tour du quartier, en passant toujours aux mêmes endroits.
En me regardant marcher dans les vitrines. Accrocher deux ou trois regards.
Pour savoir si ma façon de marcher est la bonne.
Qu´est-ce que ça peut foutre ?
Direction la salle de jeux.

J´en ai assez vu.
Des types comme moi et d´autres.
Ils ont tous à prouver quelque chose.
Marre de devoir tenir le coup.
Marre de grossir la foule des pleureuses.

Ils sentent leur coeur battre dans leurs genoux.
C´est pas un reproche.
Je vais à la salle de jeux pour avoir peur sans que ça nous rapproche.
Du coup j´ai l´impression de savoir où je vais.
Même si ça mène à rien qu´est-ce que ça fait ?
*********************************************

Tout un Programme...



Programme- La salle de jeux et la peur
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# Posté le lundi 22 juin 2009 20:06

De père à fils

Ferme les yeux, tu vas faire des cauchemars
Les ruines d'un conte de fée ensevelis
Ces gravas du ciel d'où proviennes les lézards
Qui s'agglomèrent créent un enfer au Paradis

Mon enfant, Morphée t'attend impatiemment
Je vais devoir t'abandonner en rampant
Les dunes de sables, le jardin d'Eden
Où le fruit pourrit dans la gueule des hyènes

Tes cheveux d'ébène tapissent le ciel et
La lune vermillion du sang des innocents
Est pleine- Tels ces nuages qui pleurent le miel
Qui parcourait les limpides ruisseaux d'antan

Un jour viendra où tu seras un grand homme
Va vers Babylone, Tout, tu y vivras
Pour ainsi éviter les mensonges des rats
Et ne pas terminer esclave de Rôme

Dehors, tu sais bien, les fous se multiplient
Et contre moi, mon fils, je t'aime et chérie
Regarde ma substance quitter son logis
Fils, venge ton père des balles qui l'ont meurtri
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# Posté le jeudi 18 juin 2009 15:59

If I had a heart

J'ai vu des vallons, des plaines, des clairières et des océans.
Au c½ur des montagnes, la cellule mère se disloque, divisant les lunes et les marées.
J'ai vu des corridors, des tunnels, des dragons enraillés et rails de coke.
Une fumée s'échappe de la bouche sombre, humide et visqueuse, poussière à la poussière.

J'ai vu des flammes, des volcans, des autodafés, des combustions instantanées.
L'épicentre de la terre, l'obscur soleil, l'être étouffé revient à lui.
J'enferme mes bonnes pensées, la rage ressort et vit. Cette fumée, dansant sur le lac où se reflète la mère lunaire. Atrocité. Mensonge et mise à part. T'as beau parier, ça change rien.

"Fais tes choix. Mais accepte les conséquences, gamin."
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# Posté le lundi 15 juin 2009 15:09